Alors que les diplômés en journalisme, surtout les jeunes, se battent pour une place sur les plateaux, influenceurs et artistes occupent de plus en plus le devant de la scène médiatique. Injustice ou évolution naturelle du secteur ? À travers ce billet, je partage ma réflexion, mon expérience personnelle, et un message fort : arrêtez d’attendre, créez votre propre lumière.

Une frustration bien réelle chez les jeunes diplômés des écoles de journalisme
Chaque année, des centaines de jeunes brillants sortent diplômés des écoles de journalisme et de communication, nourrissant l’espoir légitime d’intégrer une rédaction, une chaîne de télévision ou une radio. Pourtant, sur le terrain, ils assistent avec amertume à l’ascension fulgurante d’influenceurs, d’humoristes, de chanteurs ou de personnalités déjà connues… désormais devenus animateurs vedettes.
Ce constat provoque colère et découragement : « Nous avons appris les codes, l’éthique, la rigueur… mais ce sont les plus populaires qu’on choisit”, dénoncent certains. Et cette frustration est d’autant plus forte que les portes de l’emploi, déjà peu nombreuses, semblent se refermer devant ceux qui ont pourtant “coché toutes les cases”.
Mais est-ce suffisant aujourd’hui ?
La réalité du marché : l’audience avant les diplômes
En avril 2022, Fabrice SAWEGNON, patron de Life TV, l’a dit sans détour lors du lancement de Life Radio :
« On n’embauche pas de diplôme. Il faut que les jeunes arrêtent de penser que c’est un diplôme qui donne droit à une fonction. C’est faux ! La légitimité vient de la compétence et du talent. (…) Le monde a changé. A l’époque, pour passer à la télé, tu devais être chanteur, artiste ou politique… Aujourd’hui ce n’est même plus la télévision, c’est que chacun a sa télé en main, chacun peut être son propre réalisateur, son propre acteur. »
Ce n’est pas une attaque contre l’école. C’est un constat brutal : la télé, comme les médias en général, est désormais un espace concurrentiel où le talent visible, l’impact, le lien avec le public priment. Braising Girl, Willy Dumbo, Le Magnific, Stoni ou encore plusieurs créateurs de contenus TikTok en sont des exemples concrets. Sans formation académique poussée en journalisme, ils animent pourtant des émissions, des chroniques, pilotent des concepts, font de l’audience. Et donc… ils sont choisis.
Ne vous trompez pas de cible et de combat. Les influenceurs ne sont pas des ennemis. Beaucoup d’entre eux travaillent dur, savent captiver un public, comprennent les codes du numérique. L’enjeu n’est pas de les combattre, mais d’apprendre de leur agilité, tout en y ajoutant la rigueur et l’éthique journalistique. C’est en combinant ces deux mondes qu’on devient indispensable.
Créer sa propre télévision : l’urgence d’un shift de mentalité
Je vous parle aussi en connaissance de cause.
Aujourd’hui, je suis journaliste et spécialiste des métiers de la voix, mais je suis juriste de formation. Mon diplôme, c’est une licence en droit. Et c’est après ce diplôme que je me découvre une passion pour le journalisme.
Je me lance sans formation initiale. Je commence avec la passion, avec la foi, avec l’envie, et c’est seulement plus tard que je décide de retourner à l’école pour obtenir un diplôme en journalisme, un DESCOM option Journalisme.
Mais ce diplôme, à lui seul, ne m’a pas ouvert toutes les portes. Il n’a jamais suffi. Ce qui a fait la différence, c’est le travail sur le terrain, les preuves concrètes, la capacité à créer de l’impact, à marquer un espace. C’est parce que j’ai osé, que j’ai construit, que j’ai proposé, que les opportunités sont venues.
Et même aujourd’hui, pour espérer avoir une place plus grande, je dois continuer à élargir mon influence, ma visibilité, ma crédibilité.
Le diplôme est un tremplin. Mais le carburant, c’est ce que vous montrez au monde. Et cela commence par se créer une vitrine médiatique personnelle.
- Créer son podcast.
- Lancer un format sur Instagram ou TikTok.
- Animer une chaîne YouTube avec constance et créativité.
- Montrer sa vision, sa personnalité, sa capacité à engager.

Le monde des médias ne recrute plus les meilleurs sur papier. Il recrute les plus visibles, les plus prêts, les plus passionnés.
Ne vous plaignez pas d’un système que vous pouvez contourner. Prenez le lead. Faites du bruit. Faites de l’impact. Créez votre propre média. Et un jour, ce sont eux qui viendront vous chercher.