
Il y a des noms qui ne sont pas juste des références.
Ce sont des repères.
Pour moi, Claudy Siar n’était pas seulement une figure des médias.
Il était ma référence.
Une preuve vivante qu’on pouvait être Africain, engagé, exigeant… et marquer durablement les médias.
Une voix.
Une présence.
Une trajectoire.
Pendant des années, j’ai nourri ce désir de le rencontrer.
Un jour.
Quelque part.
D’une manière ou d’une autre.
Pas pour une photo. Pas pour un autographe.
Pour un échange. Une interview. Une vraie rencontre.
Je ne savais pas encore que la vie préparait cela en silence.

Le hasard qui n’en est pas un
À cette période, je collaborais avec Radio France Internationale (RFI) comme correspondant en Côte d’Ivoire de l’émission « Alors, on dit quoi ? », animée par Diara Ndiaye.
Un jour, en discussion avec Nicolas Bénita, le réalisateur de l’émission — devenu un ami — je lui confie mon objectif : interviewer un jour Claudy Siar. C’était un rêve assumé de jeune journaliste.
Il me regarde et me dit, presque naturellement : « Tu sais que Claudy est mon beau-père ? »
Je suis resté figé.
Comment pouvais-je échanger depuis si longtemps avec son beau-fils… sans le savoir ?
Comment la vie pouvait-elle placer si près de moi une connexion aussi précieuse, sans que je m’en rende compte ?
Il me dit simplement : « Je peux arranger une rencontre. »
Parfois, la vie ouvre des portes qu’on n’ose même pas frapper.
La note vocale que je n’oublierai jamais
Quelques semaines plus tard, il m’annonce que Claudy sera à Abidjan pour la finale de The Voice Afrique. Ce sera l’occasion.
Puis un matin, alors que je suis au bureau, je reçois une note vocale d’un numéro français.
J’appuie sur lecture.
Et je reconnais immédiatement la voix.
Cette voix qui avait nourri mes ambitions.
Cette voix que j’avais écoutée avec admiration.
Cette voix qui m’avait appris, sans le savoir, ce que signifiait tenir un micro avec responsabilité.
C’était lui. C’était Claudy Siar !
Il m’informe qu’il est à Abidjan et me propose de le rencontrer au Sofitel Hôtel Ivoire.
Je me souviens encore de l’émotion.
Un mélange d’étonnement, de gratitude et de joie contenue.
La rencontre
Je m’y rends avec mon assistante Cassandra Zounon. Et je découvre un homme d’une simplicité désarmante.
Nous faisons l’interview pour Tomorrow Magazine (cliquez ici pour la lire). L’échange est fluide, sincère, humain.
Mais ce jour-là, je voulais faire plus que recevoir.
Alors, après l’entretien, je lui offre un boubou Guéré — le vêtement traditionnel de mon peuple, de ma région. Un symbole de chez moi. Un morceau de mon identité.

Je ne voulais pas seulement prendre. Je voulais aussi donner.
Il était ému. Vraiment ému.
Je vois l’émotion dans ses yeux.
Il ne s’y attendait pas.
Le lendemain, il portait le boubou et publiait une photo sur sa page Facebook.
Je n’en revenais pas.
Ce jour-là, j’ai compris que donner crée des liens que demander ne crée pas.

Les deux grandes leçons de cette rencontre
Première leçon : Tout est possible !
Je n’aurais jamais imaginé que mon rêve se réaliserait de cette manière.
Pendant des années, j’avais échangé avec son beau-fils sans connaître ce lien.
Vous savez Génération Colombo, les connexions existent parfois avant même que nous en soyons conscients. Rien n’est impossible quand le travail précède l’opportunité.
Deuxième leçon : Quand on rencontre une personnalité, on peut aussi donner !
Nous avons souvent tendance à vouloir recevoir des grandes personnalités : un conseil, une photo, un contact, une recommandation.
Mais ce jour-là, j’ai compris qu’on peut aussi offrir.
Un geste.
Un symbole.
Une attention.
Les grandes personnalités sont aussi des êtres humains.
Et parfois, elles attendent simplement qu’on leur donne sincèrement.
Ce boubou n’était pas un objet.
C’était un pont.

Une relation qui dure
Depuis ce jour, nous avons gardé des liens forts.
Une relation est née.
Et le jour où il a accepté de signer la préface de mon livre sur la Maîtrise de Cérémonie, j’ai ressenti quelque chose de difficile à décrire.
Ce n’était pas de la fierté superficielle.
C’était la confirmation que les rêves construits avec patience, travail et respect finissent par prendre forme.
Derrière cette Préface, il y a une histoire. Une confiance. Un respect mutuel.
Ce que cette histoire dit vraiment
Elle ne parle pas seulement de célébrité.
Elle parle de : rêve, patience, travail, générosité et relations authentiques
On ne rencontre pas les gens par hasard.
On les rencontre quand on est prêt.
Et parfois, le rêve que l’on porte depuis longtemps attend simplement le bon timing pour devenir réalité.
Colombo