Les actualités

Mon blog

Sur le plateau de Tribune Libre

Comment j’ai rencontré Didier Drogba (et l’ai interviewé… trois fois)

Une histoire de rêve, de foi, et de micro tendu à une légende.

Sur le plateau de Tribune Libre

 

Chapitre 1 – Avant la première interview : Le rêve un peu fou

Il faut que je vous dise un truc : moi, comme beaucoup d’Ivoiriens, j’ai grandi avec Drogba dans le cœur. À chaque but avec Chelsea, à chaque match avec les Éléphants, c’était comme si c’était mon grand frère qui marquait. Ce gars-là, c’était plus qu’un footballeur… c’était un héros. Un repère.

Mais bon, entre l’idole et le fan, y’a toujours un océan, non ?
Du moins, c’est ce que je croyais.

En 2019, j’ai eu un petit coup de folie. J’ai balancé sur les réseaux que je rêvais d’inviter Didier Drogba au Camp Mondial IYF de la Jeunesse, prévu pour 2020. Oui, moi. Moi Yannick. Et Didier Drogba. Même phrase.

J’ai eu droit aux rires, aux moqueries, aux “faut redescendre sur terre”.
Et pourtant… je sentais au fond de moi que ce n’était pas si fou. Que ça pouvait arriver.

J’ai essayé de le joindre. Plusieurs fois. Zéro réponse. Mais j’ai continué à croire.
Puis un soir de juillet 2020… un message tombe. Il vient du Directeur exécutif de IYF, José Guei.

“Demain matin, on part à Yamoussoukro. Tu vas interviewer Didier Drogba.”

Pause.

Moi ? Didier Drogba ? Interview ?

Je relis. Une fois. Deux fois. Je crois que je suis resté figé pendant cinq bonnes minutes.
J’ai dormi difficilement cette nuit-là. J’étais excité comme un enfant à la veille de Noël.

 

Partie 2 – La première rencontre

 

25 juillet 2020, 5h30 du matin, départ d’Abidjan. Direction Yamoussoukro.
On arrive, on tente de joindre Gabrielle Lemaire — à l’époque je ne savais pas encore que c’était la gardienne du temple Drogba.

Vers 11h, elle décroche enfin. Mauvaise nouvelle : Didier a dû repartir à Abidjan pour une urgence. Bonne nouvelle : elle nous attend là-bas… avant 14h.

On reprend la route, en mode mission commando.

Arrivés à Abidjan, on installe le matos : caméras, micros, lumière.
Et là, il entre.

Didier Drogba. En chair, en os, en charisme.

J’essaie de rester pro, mais intérieurement… je jubile comme un gosse.
José Guei me dit : “Installe-toi à côté de lui.”
Didier me dit plutôt : “Je crois que ce serait préférable que vous vous mettiez à côté de la caméra centrale, puisque vous me demander de parler face à elle.”

Ok chef.

On lance. Il parle. Je l’écoute. Je pose mes questions. Il répond avec calme, assurance.
C’est fluide. C’est vrai. C’est fort.

Quand on termine, je me rends compte de ce qui vient de se passer.
J’ai interviewé Didier Drogba. Je l’ai fait.

Quelques jours plus tard, la vidéo est diffusée pendant le Camp Mondial IYF, en version virtuelle.
Et c’est là que commence une relation professionnelle discrète mais précieuse… avec Gabrielle.

 

Partie 3 – La deuxième fois, le stress… et la surprise

Quelques mois plus tard, mon boss d’Africanews me confie une nouvelle mission :

“Yannick, il nous faut une interview de Didier Drogba pour les 5 ans de la chaîne.”

Gros défi. Mais qui ne tente rien…

Je contacte Gabrielle. Silence radio. Une semaine. Deux.
Puis, miracle : elle me répond.

Elle me propose une date. Je saute sur l’occasion. J’appelle Luc Gnepa, mon ami et réalisateur :

“Prépare-toi, on tourne avec Didier Drogba !”

23 avril 2021, c’est le jour J, on arrive. On s’installe. Caméras, lumières, micros. On attend.
Didier et Gabrielle arrivent. Sourires, détente, bienveillance.

Didier m’aide à me détendre. Il me propose même des transitions. Genre :

“Tu peux relancer comme ça si tu veux.”
J’hallucine. Ce mec est une légende, et il est là à me coacher.

Et c’est là que je découvre le rôle-clé de Gabrielle. Rien ne lui échappe : le ton, l’angle, la posture.
Elle est dans le détail. Dans l’image. Dans le fond. Une vraie stratège.

À la fin de l’interview :

Moi (en riant) : Didier, je suis un privilégié.
Lui (souriant) : Ah bon ? Pourquoi ça ?
Moi : C’est la deuxième fois que vous m’accordez une interview.
Lui : Ah ouais ? Déjà ?
Moi : Eh oui. On commence à se connaître.

Résultat : l’interview passe 25 fois à la télé.

Mon boss est ravi. Et moi… je gagne en crédibilité. En confiance. En foi.

 

Partie 4 – La troisième, celle que personne n’avait eue

La Fondation Friedrich Naumann me confie une nouvelle saison de Tribune Libre.
Et là, un enjeu brûlant : la FIF. Les élections arrivent, tout le monde veut entendre Drogba…
… et personne ne l’a encore eu.

Je repense à mes deux interviews. À cette relation respectueuse que j’ai avec lui et Gabrielle.

Je tente.

Je parle à Magloire N’Dehi, Chef du Bureau d’Abidjan.

Lui : Tu crois vraiment qu’il dira oui une troisième fois ?
Moi : J’sais pas. Mais je vais essayer.

Quelques jours plus tard, Gabrielle m’invite à son bureau. J’arrive. Et là…
Didier est là.

On échange. Détente. Sincérité.

Je prends mon courage à deux mains :

Moi : Didier, une troisième interview ?
Lui (taquin) : Encore toi ? Tu vas me payer maintenant hein !
Moi (rire) : On s’arrangera après.
Gabrielle (souriante) : Tu as le questionnaire ?
Moi : Il est là.

Ils le lisent. Je retiens mon souffle.
Gabrielle me regarde : “C’est bon.”
Didier aussi. “C’est bon.”

Je sors. J’appelle Luc direct.

“On l’a. On a notre troisième interview. Et c’est peut-être LA plus importante.”

 

Partie 5 – Le scoop. Le frisson. L’Histoire.

Nous sommes en septembre 2021. Le jour de l’interview, on accueille Didier dans un bel hôtel d’Abidjan.
Luc a mis les petits plats dans les grands : le décor est juste sublime.

Didier arrive. Décontracté. Casquette, t-shirt noir, jean.
Il regarde autour de lui et semble satisfait.

L’interview démarre. Je suis concentré. Puis vient LA question.
Celle que tout le pays attend. Celle que personne ne lui a encore posée face caméra.

Et là, calmement, sans détour… il parle de sa candidature avec beaucoup de sincérité.

Je reste pro. Mais à l’intérieur… c’est le feu d’artifice.
J’ai le scoop.

L’interview fait le tour de tous les médias et est reprise des milliers de fois sur les réseaux sociaux.

 

Conclusion : Ce que Drogba m’a appris

En interviewant Didier Drogba trois fois, j’ai compris quelque chose d’essentiel :

Les rêves ne sont jamais trop grands. Ce sont juste les étapes qui sont longues.

J’ai appris que la foi, la persévérance, le respect et la préparation peuvent ouvrir des portes qu’on pensait inaccessibles.

Et j’ai aussi découvert que derrière la légende, il y a un homme vrai. Accessible. Humain.

Je ne l’oublierai jamais.

 

D'autres actualités

Mon blog

Journaliste diplômé
Voir plus
Yannick DJANHOUN
Voir plus
RFI
Voir plus