
Tomorrow Magazine a été le berceau de ma carrière journalistique. Je n’avais jamais rêvé de devenir journaliste, jusqu’à ce jour où la gérante de cette entreprise m’a lancé : « Yannick, tu iras faire une interview au Plateau. »
Ce jour-là, ma vie a basculé.
Mes premiers pas à Tomorrow Magazine
Tout a commencé en août 2011, lors du Camp Mondial IYF de la Jeunesse, au Palais de la Culture d’Abidjan. En me baladant parmi les stands, je suis tombé sur celui de Bonne Nouvelle Edition (BNE), une petite entreprise de communication créée par des jeunes passionnés, membres de l’ONG IYF. J’y ai rencontré Bola Bakary, l’un des responsables, et après un échange enrichissant, il m’a proposé un stage.
J’étais alors un jeune diplômé en Carrières Juridiques et Judiciaires, en quête de stage dans un pays encore meurtri par une crise post-électorale. L’opportunité tombait à pic. Le rendez-vous est pris à Cocody Angré, où je rencontre Madame Aminata Kouadio, la gérante. Elle me confie un stage, principalement pour rédiger des contrats commerciaux. J’étais comblé.
Mais très vite, j’ai remarqué quelque chose d’intrigant : chaque matin, des jeunes partaient caméra, micro et ordinateur à la main. Un jour, je n’ai pas pu m’empêcher de demander à Charly Kodjo, aujourd’hui producteur cinématographique :
— Charly, où allez-vous comme ça tous les matins ?
— On part en reportage pour Tomorrow Magazine.
— Tomorrow Magazine ? C’est quoi ça ?
Il m’explique qu’il s’agit d’un tout nouveau média dédié à la promotion du leadership de la jeunesse africaine. Spontanément, je lui demande si je peux les accompagner. Il répond oui.
Le lendemain, Madame Kouadio me convoque et me dit, un sourire au coin des lèvres :
— Yannick, tu vas faire une interview au Plateau avec un chef d’entreprise.
— Mais Madame, je n’ai jamais fait d’interview de ma vie. Vous pouvez me former avant ?
— Pas de temps pour ça. Vas-y et dépasse tes limites. Voici un enregistreur. Tu seras accompagné d’un jeune coréen qui te servira de photographe.
Ce photographe était un IYF missionnaire bénévole, qui ne parlait ni français ni anglais. Et moi, je ne parlais ni coréen ni anglais. On communiquait avec des signes et des sourires maladroits. Ensemble, nous prenons le bus 82 au carrefour Petroivoire et nous fonçons vers le Plateau.
À l’accueil, la secrétaire nous dévisage, surprise de voir débarquer un « journaliste » frêle, mal habillé, accompagné d’un asiatique visiblement perdu. Le chef d’entreprise, lui aussi, nous regarde d’un air dubitatif, avant de nous installer et de nous presser d’en finir au plus vite.
De retour au bureau, Madame Kouadio me félicite et me demande de retranscrire l’interview. Je m’exécute. Quelques heures plus tard, elle me fait signe :
— Yannick, viens voir.
— Oui, Madame ?
— Regarde sur le site de Tomorrow Magazine.
Je découvre mon article sur le site internet de Tomorrow Magazine, puis je baisse les yeux et là, je vois : « Interview réalisée par Yannick Djanhoun ». Une vague de fierté m’envahit. Mon nom, pour la première fois, inscrit sur un site d’informations. J’en ai eu la chair de poule. À cet instant précis, j’ai compris que quelque chose venait de naître en moi. Le lendemain, Madame Kouadio m’intègre à l’équipe de reporters de Tomorrow Magazine. Ma vie de journaliste venait de commencer.

Les premiers défis
Sur le terrain, j’étais souvent perdu, maladroit. Je doutais :
« Suis-je vraiment à ma place ? Ne devrais-je pas retourner à mes codes civils et commerciaux ? »
Mais j’ai eu la chance d’être entouré de personnes extraordinaires.
- Désiré Oué, notre Rédacteur en Chef, celui qu’on appelait affectueusement « Tonton Dez ». Il m’a appris les bases du journalisme, avant d’être tragiquement arraché à la vie par des balles assassines, un soir, à son domicile en novembre 2013.
- José Guehi, Directeur de Rédaction. Un mentor exigeant, jamais satisfait de mon travail — du moins c’est ce que je croyais. J’ai compris plus tard qu’il voulait révéler le potentiel qu’il avait décelé en moi.
- Michaël Diby, mon « grand maître ». Toujours attentif à mes progrès, il m’a poussé à me dépasser à chaque étape. Aujourd’hui, il dirige un cabinet de langues agréé par l’État et continue de m’accompagner dans ma vie professionnelle et même personnelle.
Une aventure journalistique passionnante
Avec Tomorrow Magazine, j’ai parcouru la Côte d’Ivoire et même au-delà, pour donner la parole à des centaines de jeunes leaders africains. J’ai vu naître des entreprises, des mouvements, des rêves qui ont inspiré des milliers de lecteurs. Chaque article était une mission : raconter des histoires pour impacter.
De stagiaire juridique en 2011, je suis passé secrétaire général de rédaction du magazine en 2013, rédacteur en chef en 2015, puis Directeur des Rédactions en 2020. Tomorrow Magazine était ma maison, ma famille professionnelle.
Les valeurs qui m’animent
Tomorrow Magazine m’a appris qu’un journaliste n’écrit pas pour lui-même, mais pour les autres. Chaque article, chaque interview, chaque ligne était un service rendu à mes lecteurs. Les messages de gratitude reçus au fil des ans me donnaient la certitude que je servais à quelque chose. Certains m’ont dit avoir lancé leur entreprise après avoir lu un article, d’autres ont trouvé la force de se relever. C’est à ce moment que ma vie a pris tout son sens.

Mes plus grandes fiertés
En 2016, Tomorrow Magazine a été classé 3ème Meilleure entreprise de presse de Côte d’Ivoire par le Ministère de la Communication. En 2017, nous avons été couronnés Meilleur Webzine d’Afrique lors des African Talents Awards. Des moments inoubliables.
Tomorrow Magazine a été un pionnier en Côte d’Ivoire en proposant l’une des toutes premières éditions numériques de ses publications. Grâce à une communication dynamique et percutante sur les réseaux sociaux, le magazine a rapidement conquis un large public, enregistrant des milliers de téléchargements.
Et demain ?
J’ai grandi avec Tomorrow Magazine, et plus il grandissait, plus je m’épanouissais. En 2016 et 2017, j’ai figuré dans le top 10 des jeunes promoteurs de Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, Tomorrow Magazine fait une pause pour se réinventer : une version audiovisuelle est en préparation.
Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui m’ont accompagné sur ce chemin : mes collègues, mes mentors, et surtout vous, lecteurs, qui avez cru en ce que nous avons construit ensemble.
Le slogan de Tomorrow Magazine, « Demain, Sera Meilleur… », est devenu mon leitmotiv. Aujourd’hui encore, je porte cette conviction en moi : l’avenir nous appartient, à condition de croire et d’oser.